Temps de repos entre les séries en musculation : combien de temps attendre

Par Mis à jour le

L’essentiel

  • Entre deux séries, repose-toi 2 à 3 minutes sur un exercice polyarticulaire comme le squat, et 1 à 2 minutes sur un exercice d’isolation comme le curl.
  • Si ta dernière série passe sous le nombre de répétitions que tu vises, ton repos est trop court : ajoute 30 secondes.
  • Le repos court de 60 à 90 secondes « pour l’hypertrophie » ne tient plus : pour le muscle, les études ne voient aucun avantage à se reposer peu.

Combien de temps de repos entre les séries ?

Le temps de repos dépend surtout de l’exercice et de la charge.

SérieRepos
Exercice polyarticulaire2 à 3 min
Exercice d’isolation1 à 2 min
Série très lourde, 1 à 6 répétitions3 à 5 min

Un exercice polyarticulaire fait travailler plusieurs muscles à la fois : squat, développé couché, rowing. Un exercice d’isolation en vise un seul, comme le curl ou les élévations latérales. Si une série fait 6 répétitions ou moins, prends 3 à 5 minutes, quel que soit l’exercice.

Ces durées sont un point de départ, et c’est ta dernière série qui te dit si elles te conviennent.

Comment savoir si ton repos suffit

Ton repos suffit si ta dernière série reste dans le nombre de répétitions que tu vises.

  1. Pars de la durée du tableau pour ton exercice.
  2. Ta dernière série passe sous ce que tu vises, par exemple 7 répétitions quand tu en vises 8 à 10 ? Ajoute 30 secondes à la séance suivante.
  3. Toutes tes séries tiennent ? Ne change rien, attendre plus longtemps ne t’apporterait pas grand-chose.

Un exemple au développé couché : 60 kg, trois séries, 8 à 10 répétitions visées.

SéanceReposRépétitions
11 min 3010, 8, 7
22 min10, 9, 8

À la séance 1, la troisième série tombe à 7 : 1 min 30 ne suffit pas pour cette charge. Avec 2 minutes, les trois séries tiennent, donc tu restes à 2 minutes.

Une fois le repos trouvé, garde le même d’une séance à l’autre. La séance 2 compte deux répétitions de plus que la séance 1, mais elles viennent des 30 secondes ajoutées. Tu n’as pas progressé entre les deux. Pour comparer deux séances, il faut les mêmes conditions, repos compris.

C’est encore plus vrai si tu suis une double progression, où la charge ne monte que lorsque toutes tes séries atteignent le haut de ce que tu vises. Avec une pause trop courte, la dernière n’y arrive jamais.

Cette règle des 30 secondes vient de la pratique en salle, et les études citées plus bas ne l’ont pas testée telle quelle.

Faut-il chronométrer son repos ?

Oui, pour avoir un repère. Sans chronomètre, ta pause dure une minute un jour et quatre le lendemain, selon que tu discutes, que tu attends un poste ou que tu es pressé, et tes séances ne se comparent plus.

Rien ne t’oblige à repartir à la seconde. Quand le chronomètre sonne, si tu sens que tu ne referas pas tes répétitions, attends encore un peu. Si ça t’arrive à chaque séance, c’est que ton repos est trop court : ajoute 30 secondes une fois pour toutes.

Les études ne demandent pas plus de rigueur. Aucune ne montre qu’un repos fixe fait mieux progresser qu’un repos au ressenti, d’après Henselmans et Schoenfeld en 2014. Dans une étude de 2026, 20 personnes ont essayé trois façons de se reposer : 3 minutes imposées, une pause choisie librement, et une pause réglée sur les répétitions de la série précédente. Avec les deux dernières, elles ont fait plus de répétitions qu’avec les 3 minutes imposées, au prix d’une séance plus longue.

Ce qu’un repos trop court te coûte

Un repos trop court te coûte des répétitions, dès la série suivante. Deux études l’ont mesuré, chacune sur une quinzaine d’hommes entraînés.

Dans la première, en 2009, ils ont fait la même séance pectoraux et triceps, une fois avec 2 minutes de repos, une fois avec 5. Sur 90 répétitions possibles, ils en ont fait 71 dans le premier cas et 84 dans le second. Sur une séance jambes, l’écart était du même ordre : 67 contre 81.

L’exercice change aussi la donne. La seconde étude, en 2016, a comparé un exercice d’isolation et un exercice polyarticulaire, sur cinq séries très lourdes de 3 répétitions, soit 15 possibles.

Répétitions sur 15Écarté à la machineDéveloppé couché
Repos de 1 min10,37,6
Repos de 2 min12,69,5
Repos de 3 min13,711,7

À l’écarté, la troisième minute ne rapporte qu’une répétition. Au développé couché, chaque minute compte encore, et il en faut 5 pour arriver à 12,9 répétitions. C’est pour ça que le premier tableau donne plus de repos aux exercices polyarticulaires qu’à l’isolation, et 3 à 5 minutes avant une série très lourde.

Ces répétitions comptent pour deux raisons. Tu juges ta progression dessus, et un repos très court fait sans doute prendre un peu moins de muscle justement parce qu’il les fait perdre.

Temps de repos pour l’hypertrophie : faut-il 60 à 90 secondes ?

Non. Pour l’hypertrophie, c’est-à-dire la prise de muscle, aucune durée ne marche mieux qu’une autre passé une minute et demie. Si le tableau conseille quand même 2 à 3 minutes sur les exercices polyarticulaires, c’est pour que tu refasses tes répétitions à la série suivante.

D’où vient ce chiffre

Il vient des recommandations de 2009 de l’American College of Sports Medicine (ACSM), qui conseillaient 1 à 2 minutes pour prendre du muscle, contre 3 à 5 pour les charges lourdes. On en a retenu qu’il fallait un repos court pour le muscle.

À l’époque, on comptait sur l’hormone de croissance. Elle monte davantage pendant la séance avec 30 à 60 secondes de repos, d’après une synthèse de 35 études parue la même année, et ce pic était censé aider à prendre du muscle.

Ce qu’on a mesuré depuis

  1. Le repos court ne fait pas mieux

    Henselmans et Schoenfeld reprennent les études qui mesurent le muscle lui-même. Aucune ne montre un gain plus grand avec le repos court, et l’une montre l’inverse.

  2. 3 minutes font mieux que 1

    Schoenfeld et ses collègues font suivre le même programme à 21 hommes entraînés pendant 8 semaines. Avec 3 minutes de repos, ils gagnent plus d’épaisseur à la cuisse, et plus de force, qu’avec 1 minute.

  3. Plus rien à gagner après 90 secondes

    Une synthèse de 9 études trouve un petit avantage pour le muscle quand le repos dépasse 60 secondes, mais aucun gain de plus au-delà de 90. Ses auteurs pensent qu’un repos très court fait surtout perdre des répétitions.

  4. Les recommandations ne donnent plus de durée

    L’ACSM revoit ses recommandations à partir de 137 synthèses. Elle juge les données insuffisantes pour dire si la durée du repos change la prise de muscle.

Temps de repos pour la force

Pour la force, prends plus de 2 minutes si tu as déjà de la pratique, et 1 à 2 minutes si tu débutes. C’est ce que conclut une synthèse de 23 études publiée en 2018, qui note aussi que la force progresse même avec moins d’une minute. Avant une série très lourde, monte à 3 à 5 minutes, comme dans le tableau.

Tout n’est pas tranché, puisque l’ACSM, en 2026, ne voit pas de différence de force entre un repos de moins d’une minute et un repos plus long. Dans le doute, garde le tableau et le test de la dernière série.

Quand tu manques de temps

Raccourcis la pause : tu feras moins de répétitions, mais tu continueras de progresser. La synthèse de 2018 trouve des gains de force même avec moins d’une minute de repos.

Commence par les exercices d’isolation, qui le supportent mieux. Avec 1 minute de repos, l’écarté du tableau perdait moins de répétitions que le développé couché.

Tu peux aussi faire des supersets, c’est-à-dire enchaîner deux exercices sans pause avant de te reposer. Ils divisent à peu près par deux la durée de la séance pour le même nombre de séries, d’après une synthèse de 2021, qui les trouve mieux adaptés à la prise de muscle qu’à la force. Le programme full body sur 3 jours indique quels exercices enchaîner ainsi.

Repos entre deux exercices et à l’échauffement

Entre deux exercices, le temps de changer de poste et de charger la barre suffit le plus souvent.

Si l’exercice suivant fait travailler les mêmes muscles, repose-toi quand même autant qu’entre deux séries. Dans l’étude de 2009, où la pause était de 2 minutes partout, ce sont les derniers exercices de la séance qui perdaient le plus de répétitions.

Entre deux séries d’échauffement, une pause courte suffit, puisqu’elles sont légères. Garde ton repos complet pour avant la première série de travail.

Questions fréquentes

Quel temps de repos entre les séries pour la prise de masse ?

Le même que pour le reste : 2 à 3 minutes sur les exercices polyarticulaires, 1 à 2 minutes en isolation. La prise de masse ne demande pas de pause plus courte.

Le temps de repos change-t-il selon le muscle ?

Il change surtout selon l’exercice. Un squat ou un développé couché demande plus de repos qu’un curl. Pour la prise de muscle, l’effet du repos est proche sur les bras et sur les cuisses, d’après une synthèse de 9 études.

Combien de temps de repos entre deux séances de musculation ?

C’est une autre question, celle de la fréquence. À nombre de séries égal dans la semaine, travailler un muscle une fois ou plusieurs change peu la prise de muscle. L’article combien de séries par muscle par semaine montre comment répartir tes séries.

Faut-il réduire son temps de repos pour progresser ?

Non. Une pause plus courte rend la séance plus dure, pas plus efficace. L’ACSM ne trouve pas d’effet de la durée du repos sur la force, et pour le muscle les études penchent plutôt pour plus d’une minute. Garde le même repos et cherche une répétition de plus, ou une charge un peu plus lourde.

Sources

  1. Currier et al. (2026). American College of Sports Medicine Position Stand. Resistance Training Prescription for Muscle Function, Hypertrophy, and Physical Performance in Healthy Adults: An Overview of Reviews. Medicine & Science in Sports & Exercise
  2. Zhang et al. (2026). Developing a Repetition-Based Inter-Set Rest Adjustment Method in Resistance Training. Sports Health
  3. Singer et al. (2024). Give it a rest: a systematic review with Bayesian meta-analysis on the effect of inter-set rest interval duration on muscle hypertrophy. Frontiers in Sports and Active Living
  4. Iversen, Norum, Schoenfeld, Fimland (2021). No Time to Lift? Designing Time-Efficient Training Programs for Strength and Hypertrophy: A Narrative Review. Sports Medicine
  5. Grgic, Schoenfeld, Skrepnik, Davies, Mikulic (2018). Effects of Rest Interval Duration in Resistance Training on Measures of Muscular Strength: A Systematic Review. Sports Medicine
  6. Schoenfeld et al. (2016). Longer Interset Rest Periods Enhance Muscle Strength and Hypertrophy in Resistance-Trained Men. Journal of Strength and Conditioning Research
  7. Senna et al. (2016). Effect of Different Interset Rest Intervals on Performance of Single and Multijoint Exercises With Near-Maximal Loads. Journal of Strength and Conditioning Research
  8. Henselmans, Schoenfeld (2014). The effect of inter-set rest intervals on resistance exercise-induced muscle hypertrophy. Sports Medicine
  9. Senna, Salles, Prestes, Mello, Simão (2009). Influence of Two Different Rest Interval Lengths in Resistance Training Sessions for Upper and Lower Body. Journal of Sports Science and Medicine
  10. de Salles et al. (2009). Rest interval between sets in strength training. Sports Medicine
  11. American College of Sports Medicine (2009). American College of Sports Medicine position stand. Progression models in resistance training for healthy adults. Medicine & Science in Sports & Exercise
LogTes séances de muscu, sur iPhoneTélécharger Log